• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
  • Passer au pied de page

Artefake

L' Art de l'illusion

  • Le projet
  • Artefaktory
  • Boutique
  • Contact

Bobby BORGIA

Une vie bâtie autour de l’émerveillement

Sébastien Bazou

Producteur récompensé aux Emmy Awards, magicien, créateur d’illusions et directeur artistique, Bobby Borgia a passé plus de trente ans à explorer la rencontre entre la magie et le théâtre, la télévision, le cinéma, la musique, la technologie et l’imaginaire. Des plateaux de tournage hollywoodiens aux tournées internationales, en passant par des spectacles de grande envergure sur des navires de croisière et son propre établissement, le Kellar’s ​​Modern Magic & Comedy Club à Erie (Pennsylvanie), sa carrière a sans cesse repoussé les frontières traditionnelles de cet art. Pourtant, le lien qui unit Bobby Borgia à la magie trouve sa source bien plus profondément. Tout a commencé par une perte, un mystère — et un petit garçon de cinq ans cherchant à comprendre où était parti un être cher.

Comment vous êtes-vous intéressé à la magie ? Y a-t-il eu un moment ou une expérience en particulier qui a déclenché cette fascination ?

La magie est entrée dans ma vie de manière très singulière. Lorsque j’avais quatre ou cinq ans, mon jeune frère, Anthony Scott Borgia, a bénéficié de ce qui fut la première greffe de foie réussie aux États-Unis. Il n’avait que trois ans. L’événement a eu un retentissement national et a fait la une des journaux dans tout le pays. Malheureusement, trois mois après l’opération, mon frère est décédé. À cet âge-là, je ne comprenais pas la mort. Je comprenais seulement que mon frère avait disparu. Il était là, et soudain, il ne l’était plus. Il y avait un vide immense et une question à laquelle je ne pouvais répondre : où était-il passé ?

Doug Henning – Photo promotionnelle (Circa 1976)

Peu de temps après, j’ai vu Doug Henning présenter des tours de magie dans l’émission pour enfants Captain Kangaroo. J’étais absolument fasciné. Quelqu’un faisait apparaître, disparaître et se transformer des objets sous mes yeux. Il fallait que je comprenne comment il s’y prenait. Avec le recul, je pense que ce moment est lié à quelque chose de bien plus profond en moi. J’étais un enfant qui tentait de comprendre la disparition, le mystère et l’impossible. Ce vide a fini par être comblé par ce qui allait devenir la raison d’être de ma vie : la magie. C’est là que tout a commencé.

Quand avez-vous fait vos premiers pas sérieux dans le monde de la magie, et comment avez-vous appris et développé votre art ? Étiez-vous autodidacte ou avez-vous eu des personnes qui vous ont aidé en cours de route ?

Mon engagement sérieux dans la magie a commencé très tôt. Je lisais absolument tout ce qui me tombait sous la main. Je parcourais les bibliothèques, les vide-greniers et les magasins de magie. En grandissant à Erie, en Pennsylvanie, j’étais constamment à la recherche d’un nouveau livre, d’un nouveau tour ou d’une information supplémentaire qui pourrait me faire progresser dans cet univers. Erie allait par la suite jouer un rôle crucial dans mon parcours, car c’était aussi la ville natale de Harry Kellar, le légendaire « Doyen des magiciens américains ». À l’époque, j’ignorais à quel point ce lien deviendrait important par la suite. Des magiciens locaux m’ont aidé ; Bob Kuna, par exemple, m’a appris à présenter le numéro de la Zombie Ball. C’est chez Weber’s Trick Store que j’ai trouvé certains de mes premiers tours, notamment « le tour de la balle et du dé » ainsi que les Anneaux chinois.

Bobby Borgia à l’âge de quinze ans en 1981 se produisant au restaurant Smugglers Wharf à Erie, tous les week-ends pendant deux ans. Le propriétaire de l’établissement était Mike Kubasik, son professeur de sociologie de l’époque (Photos : Mike Kubasik)

Mon grand-père, Albert DiCara, originaire de Sicile, a joué un rôle immense dans ma vie. Il m’a offert certaines de mes premières boîtes de magie et mes premiers tours. Il m’a énormément encouragé. Mes parents m’ont également soutenu de manière incroyable. Ainsi, même si une grande partie de mon apprentissage reposait sur les livres, la pratique et l’expérimentation, j’étais entouré de personnes qui entretenaient cette curiosité. Quand on est jeune, il suffit parfois qu’un adulte vous dise : « Continue comme ça. »

Quelles opportunités et quels mentors ont joué un rôle clé dans la construction de votre carrière ? Y a-t-il eu également des revers ou des moments charnières qui en ont modifié la trajectoire ?

L’un des mentors les plus importants de ma vie a été Franz Harary. Je vivais encore à Erie lorsque j’ai vu Franz dans une émission de télévision intitulée That’s Incredible!. Soudain, j’ai découvert un magicien aux allures de rock star, avec de longs cheveux blonds, qui présentait des illusions sans commune mesure avec ce que j’avais vu auparavant. L’envergure, l’attitude et le style visuel étaient totalement inédits. Je me souviens m’être dit : « Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Franz Harary – Photo promotionnelle (Circa 1990)
Franz Harary – Rocks the world – Global FX (1992)
Bobby Borgia & Franz Harary (au centre) – The Asian tour 1991-1993 (Photo : Franz Harary)
Franz Harary & Bobby Borgia – The Asian tour 1991-1993 (Photo : Franz Harary)

Des années plus tard, alors que je m’installais à Los Angeles à l’âge de vingt ans, j’ai rencontré Franz. Nous sommes devenus amis pour la vie. J’ai fini par partir en tournée internationale à ses côtés en tant qu’invité spécial et j’ai même repris son spectacle à Kuala Lumpur, en Malaisie, en 1992. Nous avons voyagé à travers toute l’Asie — Singapour, Taïwan, Jakarta, Osaka, Tokyo et bien d’autres lieux. Franz montait l’un des plus grands spectacles d’illusions au monde, et côtoyer cette production a constitué une expérience formatrice extraordinaire. J’ai appris ce qu’il fallait faire. J’ai appris ce qu’il ne fallait pas faire. Et j’ai appris que l’échec fait partie du processus. Je me souviens d’un incident survenu alors que j’étais sur scène. Franz m’a simplement regardé et a dit : « Tu es tombé de cheval. Il faut remonter en selle. » Ces mots m’ont marqué. Il m’a aussi encouragé à faire preuve d’imagination — à concevoir quelque chose d’inédit plutôt que de simplement reproduire ce que faisaient déjà les autres magiciens. Cette leçon est finalement devenue l’un des piliers de toute ma carrière.

Comment décririez-vous votre approche particulière de la magie ? Quels environnements stimulent votre créativité, et quels sont les spectacles et productions originaux que vous avez créés ?

J’ai vécu vingt-huit ans à Hollywood ; pendant une partie de cette période, je résidais à seulement deux pâtés de maisons du Magic Castle. Je suis devenu membre de l’Academy of Magical Arts en 1998, et le château est devenu mon foyer — presque mon terrain d’entraînement créatif. C’était un lieu où je pouvais me produire, expérimenter, échouer, reconstruire et découvrir de nouveaux numéros devant un vrai public. Lorsque j’y ai été tête d’affiche, Milt Larsen, cofondateur du Magic Castle, a décrit mon approche en une phrase qui m’a accompagné tout au long de ma carrière : « La magie de Bobby Borgia intègre de nombreux effets rendus possibles grâce à sa compréhension fondamentale d’un univers magique restant à inventer. » Cette description résume probablement ma philosophie créative bien mieux que je ne pourrais le faire moi-même. Je n’ai jamais été particulièrement intéressé par le simple fait d’exécuter un tour de magie de plus. Ce qui m’intéresse, c’est de poser la question : « qu’est-ce qui n’a pas encore été fait ? » Vivre à Hollywood m’a également ouvert un autre monde. La magie a commencé à dépasser le cadre de mes propres prestations pour s’étendre à la conception d’illusions, aux concerts, à la télévision, au théâtre et aux productions de grande envergure.

Franz Harary a joué un rôle important dans cette évolution. J’avais réalisé des illustrations et des designs pour certains de ses projets, notamment sa collaboration avec Michael Jackson. Voir Franz concevoir des illusions pour de grandes stars de la scène m’a appris que la magie pouvait servir une production dans son ensemble plutôt que de se limiter à un tour isolé. J’ai aussi été illustrateur. J’ai illustré des livres de magie, fourni des visuels pour des publications et des catalogues, et développé mes propres effets commerciaux. La capacité de dessiner quelque chose qui n’existait que dans mon imagination s’est avérée extrêmement précieuse pour mon travail de concepteur d’illusions. Je pouvais visualiser l’idée, la coucher sur le papier, la communiquer à un constructeur et, finalement, la voir prendre forme physiquement sur scène.

Flick: The Power of Motion Pictures – Metteur en scène : Paul Roberts – Concepteur d’illusions : Craig Dickens – Photographe : Joe Diduca – Production : Créé pour Carnival Cruise Line – 2016 (Photo : Bobby Borgia)

Un tournant majeur a été le spectacle Flick: The Power of Motion Pictures (2016), créé et mis en scène par le brillant réalisateur britannique Paul Roberts. L’équipe créative était exceptionnelle : concepteurs lumière, ingénieurs du son, artistes spécialisés en images de synthèse, régisseurs de plateau, spécialistes du laser, scénographes et professionnels issus de disciplines variées. Ma mission consistait à créer des numéros de magie s’intégrant parfaitement dans des univers cinématographiques emblématiques. Une séquence s’inspirait du film Rocky. En utilisant une illusion d’inclinaison vers l’arrière, j’ai créé une séquence de combat au ralenti où l’interprète et l’animation numérique se déplaçaient en même temps, créant sur scène la sensation d’un univers cinématographique en trois dimensions. L’interprète semblait défier la gravité, basculant vers l’arrière dans une position impossible tout en gardant l’équilibre sur les talons. Je tiens également à saluer le travail de Danny Cole et l’approche créative qui sous-tend ce type d’illusions.

M Theory – Création, Écriture, Production : Bobby Borgia – 2021 (Photos : Bobby Borgia)

Par la suite, j’ai commencé à écrire, produire et mettre en scène mes propres spectacles de grande envergure. M Theory (2021) explorait le concept des onze dimensions de la réalité, en s’inspirant de la physique théorique associée à Edward Witten. Lovin’ Vegas (2021) mettait en œuvre seize écrans LED capables de s’élever sur trois niveaux de hauteur, combinés à des systèmes de vol, des animations numériques et des illusions inédites. Voodoo Moon (2021) transportait le public dans un univers stylisé évoquant La Nouvelle-Orléans, imprégné de folklore, de mystère et de vaudou. La vidéo interactive permettait à la magie de circuler entre la scène physique et l’écran. Vint ensuite The Most Magnificent Circus (2021), une production rivalisant par son envergure et sa charge émotionnelle avec le film The Greatest Showman. Grâce à des décors LED monumentaux, des systèmes de vol, des illusions et des animations en trois dimensions, les spectateurs avaient l’impression de voyager à l’intérieur du chapiteau, tandis qu’un monde entier se déployait autour d’eux. Au cœur du spectacle demeurait une histoire humaine : celle d’un jeune garçon cherchant sa voie dans la vie. Pour moi, la technologie n’est jamais la raison d’être du spectacle. Elle est là pour servir l’histoire.

Voodoo Moon – Magicien consultant créatif : Brian Glow – 2021 (Photos : Bobby Borgia)
The Most Magnificent Circus – Magicien consultant : Brian Glow – 2021 (Photos : Bobby Borgia)

Une autre expérience marquante de mes débuts, en 1994, m’est venue grâce à Ray Pierce, qui m’a fait participer à la série Loïs et Clark : Les Nouvelles Aventures de Superman. Penn Jillette y incarnait un magicien maléfique en tant que guest-star, et je suis intervenu pour superviser les tours de magie et les accessoires. Ce fut pour moi l’une des premières occasions d’observer concrètement le fonctionnement d’un plateau de télévision hollywoodien : le placement des caméras, la mise en scène des mouvements (le blocking), l’éclairage, les répétitions et la manière dont les illusions se comportent lorsqu’elles sont filmées. Ils m’ont même fait passer devant la caméra. Je me suis dit : « Ça y est ! Je vais passer à la télé ! » Mais ils m’ont maquillé en mime et ne m’ont donné aucune réplique. C’est donc moi qui ai fait les frais de cette plaisanterie. Pourtant, j’ai adoré chaque instant de cette expérience. Elle m’a ouvert la porte à bien d’autres opportunités, tant devant que derrière la caméra.

Loïs et Clark Les Nouvelles Aventures de Superman – Épisode 14 – Illusions of Grandeur – Penn Jillette -1994 (Gangbuster Films Inc. / NBC)

Vous êtes apparu dans des émissions telles que Masters of Illusion, The Greatest Magic of Las Vegas, The Pretender, et vous avez également passé plusieurs années en tant qu’animateur sur Disney Channel. Comment avez-vous adapté votre magie à la télévision ?

J’ai eu la chance de bâtir une carrière télévisuelle solide tout en vivant à Hollywood. La télévision m’a appris que présenter de la magie face à une caméra est radicalement différent que de le faire sur scène devant un public. Il faut comprendre le cadrage, le placement des acteurs et savoir où se porte l’attention du spectateur à chaque instant. Il est nécessaire de saisir les attentes du réalisateur et du producteur, ainsi que la manière dont une illusion apparaîtra à travers l’objectif plutôt que vue depuis le centre d’une salle de spectacle. Souvent, les numéros de magie les plus percutants à la télévision sont ceux qui comportent le moins d’éléments mobiles. L’objectif est de créer une impression de simplicité et de réalité. Chaque fois que c’était possible, je préférais utiliser de véritables techniques de magie plutôt que de compter sur des trucages vidéo. Que ce soit pour la télévision ou le cinéma, je voulais que la magie soit quelque chose qui puisse réellement se produire dans la pièce.

Photo promotionnelle prise sur le vif lors du spectacle Lights. Camera. Magic, à bord du « Conquest » de la compagnie Carnival Cruise Line (Photo : Carnival Cruise Line)
Les différentes créations de Bobby Borgia pour Disney (Montage : Bobby Borgia)

En 1999, la série The Pretender de NBC a marqué un moment particulièrement mémorable, car j’y tenais un rôle d’acteur tout en intervenant comme conseiller en magie dans l’épisode 3 « Angel’s Flight » de la saison 4, réalisé par Chuck Bowman. Cela a permis de faire converger ces deux facettes de ma carrière. Disney a constitué un autre chapitre majeur. Après avoir travaillé sur le programme Now You See It, en 2004, j’ai tourné une quinzaine de séquences courtes pour Disney Channel pendant trois ans. À l’époque, la chaîne ne diffusait pas de publicités traditionnelles ; ces pastilles étaient donc intercalées tout au long des programmes. Pendant plusieurs années, les enfants de tout le pays m’ont connu grâce à la télévision. C’était parfois surréaliste : il m’arrivait de traverser un aéroport ou un autre lieu public et, soudain, un enfant me reconnaissait et me demandait de faire un tour de magie. J’adorais ça. La télévision et le cinéma m’ont offert un terrain d’expression totalement différent pour la magie, et j’ai eu la chance de découvrir cet univers des deux côtés de la caméra.

Vous avez travaillé en coulisses en tant que consultant, conseiller technique et concepteur d’illusions pour le cinéma, le théâtre, la télévision et la musique. Quelles sont les collaborations qui vous ont le plus marqué ?

Un exemple illustrant parfaitement ce métier concerne Henry Rollins. Henry était le chanteur du groupe Black Flag avant de bâtir une carrière solo exceptionnelle, touchant à la musique, au cinéma, à l’écriture et à la poésie orale. Le réalisateur Gavin Bowden préparait une vidéo intitulée The End of Something (1997) et souhaitait qu’Henry lévite en temps réel. L’équipe de production avait aménagé un décor de laboratoire scientifique incroyable sur un plateau de tournage. Il y avait un désert artificiel, des chevaux et une structure monumentale. C’était impressionnant. Pour la lévitation, j’ai mis au point un système de levier à double parallélogramme. Nous avons alors rencontré un problème : le mécanisme était trop court pour passer correctement à travers une partie du décor. C’est là que l’on découvre ce que signifie réellement être concepteur d’illusions : on ne panique pas, on trouve une solution. Nous avons fait fabriquer et souder une pièce de rechange, nous l’avons installée sur le plateau et avons réussi à faire fonctionner l’effet. Par ailleurs, Henry devait léviter vêtu essentiellement d’un t-shirt et d’un caleçon ; il n’y avait donc guère de possibilité de dissimuler quoi que ce soit. Ce genre d’expérience vous apprend à vous adapter et agir rapidement !

Le téléfilm Now You See It de Disney a représenté un défi tout à fait différent. J’ai analysé le scénario pour repérer les moments où la magie intervenait dans l’histoire, puis nous avons dû déterminer comment concrétiser chaque effet. Cela impliquait de former les acteurs, de répéter les techniques physiques, de collaborer avec le réalisateur, de coordonner le travail avec les équipes d’éclairage et de production, et de comprendre ce que la caméra allait capter. J’ai passé environ trois mois à La Nouvelle-Orléans pour cette production ; c’est une expérience que je n’oublierai jamais. Cette relation avec Disney a fini par déboucher sur d’autres projets créatifs pour des productions telles qu’Aladdin, La Belle et la Bête et Mary Poppins. J’ai eu la chance de voir Disney jalonner ma vie professionnelle pendant de nombreuses années.

La conception d’illusions pour des concerts est une discipline totalement différente. Travailler aux côtés de Franz Harary m’a énormément appris sur la création de numéros de magie pour de grandes stars de la musique. Pour les Destiny’s Child, nous avons créé une apparition impliquant un mur vidéo. Pour Brian McKnight, nous avons conçu un effet de lévitation. Pour Boyz II Men, nous avons également mis au point un effet de disparition en plein air. J’ai aussi eu l’occasion de collaborer sur le plan créatif avec des artistes telles que Pink et Christina Aguilera. Lorsque vous créez un numéro de magie pour un artiste, ce n’est pas vous la vedette ; c’est lui. La question devient alors : « Comment cette personne apparaît-elle ? Comment disparaît-elle ? Comment l’illusion s’articule-t-elle avec les paroles, la musique, l’image, les mouvements et l’identité de l’artiste ? » Vous n’êtes qu’un membre d’une équipe de production bien plus vaste. Il est primordial de savoir apporter sa contribution tout en respectant le rôle de chacun.

Depuis 2019, vous travaillez en tant que producteur et conseiller en magie pour Carnival Cruise Line. Quel type de spectacles avez-vous créés et quels sont les défis particuliers liés à la production de numéros de magie à bord d’un navire ?

Lorsque l’on évoque le divertissement à bord des navires de croisière, on en a souvent une image dépassée. Or, ces productions peuvent être d’une envergure considérable. Certains des spectacles Carnival auxquels j’ai participé ont nécessité des investissements se chiffrant en millions de dollars, avec des équipes créatives et techniques dignes de ce que l’on trouve à Las Vegas, en tournée ou même à Broadway. Au fil des ans, j’ai travaillé pour diverses compagnies de croisières — Carnival, Holland America, Disney, Norwegian, Royal Caribbean, Celebrity, entre autres — ce qui m’a permis de constater à quel point ce type de divertissement a évolué.

Lovin’ Vegas – Magicien consultant créatif : Brian Glow – 2021–2026 (Montage : Bobby Borgia)

Mes spectacles font appel à de nombreuses disciplines, mais la captation vidéo en direct y joue un rôle prépondérant. Vivre à Hollywood m’a appris à concevoir le placement des caméras, qu’il y en ait une, deux ou sept. Pour l’une de mes productions, nous avons intégré un véritable studio de télévision au spectacle, avec sept caméras et seize écrans vidéo. Toutefois, les écrans en eux-mêmes ne constituent pas la magie. L’élément crucial réside dans l’interaction entre le contenu diffusé et les gestes du magicien. Tout doit être parfaitement synchronisé. Viennent ensuite la musique, la conception sonore, puis la couche finale d’habillage sonore : de subtils détails acoustiques calés avec précision sur les actions et les illusions. Tous ces éléments doivent fusionner pour créer une expérience unique. Un autre aspect qui me tient à cœur est d’offrir des opportunités aux jeunes artistes. J’ai cherché à engager des magiciens talentueux en début de carrière pour ces spectacles, dont beaucoup sont encore à l’affiche aujourd’hui. Quant au plus grand défi technique de la magie en croisière ? Le navire bouge !

Franz Harary au centre de l’une de ses méga-illusions présentée en Asie en 2015 (Photo : Franz Harary)

Les voyages eux-mêmes m’ont également profondément marqué. Je me suis produit dans plus de quatre-vingts pays et j’ai commencé à voyager à l’international alors que j’étais encore assez jeune. Franz m’avait très tôt inculqué l’importance d’apprendre à dire bonjour dans la langue du pays visité ; c’est une habitude que j’ai conservée. Lorsque je me suis produit au Japon — notamment au théâtre NGK, où sont passés de nombreux magiciens internationaux exceptionnels — j’ai tenu à apprendre quelques expressions japonaises et à tisser des liens avec la culture locale, plutôt que de me contenter d’arriver, de jouer et de repartir. Je voulais découvrir la cuisine, l’architecture, les traditions et le mode de vie des habitants. On ne peut pas apprendre cela dans un manuel. Le voyage est devenu l’une des grandes leçons de ma vie. J’en suis infiniment reconnaissant.

En 2020, vous avez ouvert le Kellar’s ​​Modern Magic & Comedy Club à Erie, en Pennsylvanie. D’où est venue cette idée ?

L’idée du Kellar’s ​​a germé alors que j’avais environ quinze ou seize ans. J’étais magicien résident dans un restaurant huppé d’Erie appelé The Station. C’était un lieu magnifique, aménagé dans d’anciens wagons de train où les clients pouvaient dîner, et qui comprenait également l’Oscar’s Pub ainsi qu’une salle à manger principale. Pendant près de trois ans, j’y ai présenté des tours de magie tous les mercredis et vendredis. Un soir, j’ai fait la connaissance d’une femme nommée Catherine. Après m’avoir vu manipuler les cartes, elle m’a dit : « Jeune homme, vous êtes très doué avec les cartes. Vous savez, mon oncle était magicien. » J’ai demandé : « Vraiment ? Qui était votre oncle ? » Elle a répondu : « Harry Kellar. » Je suis alors resté figé sur place. Catherine Kellar était la nièce de Harry Kellar. Elle avait vécu avec lui à Los Angeles durant les dernières années de sa vie. Après son décès, elle était revenue à Erie avec bon nombre de ses effets personnels : lettres, meubles, accessoires et autres vestiges d’une vie extraordinaire.

Extérieur et intérieur du Kellar’s ​​Modern Magic & Comedy Club à Erie (Photos : Bobby Borgia)

Cette rencontre est restée gravée dans un coin de ma mémoire pendant des décennies. Plus tard, j’ai réalisé un autre fait remarquable : Kellar avait grandi pratiquement en face de l’endroit où notre club allait finalement voir le jour. Le Kellar’s ​​Modern Magic & Comedy Club m’a offert l’occasion de lui rendre hommage. Je voulais créer un lieu qui mette à l’honneur un homme presque tombé dans l’oubli en dehors du cercle des passionnés d’histoire de la magie. Si vous évoquez le prénom « Harry » dans le contexte de la magie, la plupart des gens pensent immédiatement à Houdini. Pourtant, bien avant Houdini, l’un de ces géants sur les épaules desquels tous les autres se sont élevés était Harry Kellar. Je voulais qu’Erie s’en souvienne. Et je voulais que le public d’aujourd’hui le redécouvre.

Représentation de close-up au bar du Kellar’s ​​Modern Magic & Comedy Club (Photo : Bobby Borgia)
Représentation du magicien Michael Misko sur la scène du Kellar’s ​​Modern Magic & Comedy Club en 2025 (Photo : Bobby Borgia)
Venue de Jeff Hobson au Kellar’s ​​Modern Magic & Comedy Club en septembre 2026

Quels magiciens, artistes et spectacles vous ont le plus influencé ? Et pourquoi Harry Kellar occupe-t-il une place si particulière dans votre vie ?

Doug Henning a manifestement été l’une de mes premières et plus importantes influences dans le domaine de la magie. En dehors de la magie, Prince a exercé une influence créative considérable sur moi. Il était l’un de ces artistes hors du commun qui semblaient puiser son inspiration dans une dimension totalement différente. Musique, identité visuelle, scène, spiritualité, discipline : tout était lié. Une autre influence, plus atypique, est entrée dans ma vie lorsque je me suis installé à New York peu après le lycée. Pendant un certain temps, j’ai côtoyé des membres de Mummenschanz, cette célèbre troupe de mime théâtral connue pour ses performances visuelles surréalistes — les visages en argile, les formes géantes et ce que beaucoup retiennent sous le nom de Slinky humain. Cette immersion dans cet univers a profondément marqué ma conception du théâtre visuel. Par la suite, Atlantic City m’a offert ma première véritable expérience au sein d’un grand spectacle de production. J’ai participé à Wildfire, une production de Roger Minami au Resorts International. Ce fut pour moi une autre école précieuse. J’y ai appris les rouages ​​du spectacle à grande échelle, et nombre de ces leçons m’ont accompagné tout au long de ma carrière.

Harry Kellar – New York (Circa 1917)
Posters de Harry Kellar de la collection Mike Caveney (Photos : Bobby Borgia)
La tombe de Harry Kellar au cimetière Angelus-Rosedale à Los Angeles en 2025, lors du tournage du documentaire pour PBS (Photo : Bobby Borgia)

Ma fascination pour Harry Kellar s’est développée progressivement. Lorsque j’ai rencontré sa nièce alors que j’étais adolescent, je ne connaissais pas grand-chose à son sujet. Je connaissais ses célèbres affiches, mais pas encore l’homme lui-même. Puis j’ai découvert qu’il était originaire d’Erie. J’ai commencé à me documenter. Plus je m’intéressais à sa vie, plus son histoire me paraissait extraordinaire. Ce qui n’était au départ qu’une simple curiosité s’est transformée en un lien qui a duré toute une vie.

Votre documentaire sur Harry Kellar a remporté un Emmy Award en 2026 ainsi que des Telly Awards d’or et d’argent. Pourquoi avez-vous estimé que son histoire devait être racontée, et qu’avez-vous découvert en réalisant ce film ?

Le documentaire Harry Kellar: The Greatest American Magician a marqué l’une des aventures les plus extraordinaires de ma vie. Pour moi, tout a commencé par un mot : l’intention. Mon intention était de rendre hommage à un homme largement oublié de la culture populaire, alors même qu’il avait exercé une influence considérable sur l’histoire et l’image de la magie. Harry Kellar était un showman hors pair. Il apparaissait vêtu de façon impeccable — smoking, haut-de-forme et queue-de-pie — et sa présentation visuelle a contribué à forger l’image emblématique que l’on associe encore aujourd’hui au magicien classique. Mais une fois les recherches entamées, j’ai découvert une histoire humaine bien plus complexe.

Harry Kellar: The Greatest American Magician – Producteur : Bobby Borgia – Producteur exécutif : Mike Berlin – Réalisateur : Jesse James – Tournage : 2024-2025 – Sortie : 2026
Tournage du documentaire sur Harry Kellar chez Jim Steinmeyer, Mike Caveney et John Gaughan en 2025 (Photos : Bobby Borgia)

Durant la pandémie de COVID, des membres de la famille Kellar, à Erie, m’ont donné accès à la correspondance entre Houdini et Kellar. La lecture de ces lettres fut une expérience extraordinaire. On cesse de voir des icônes historiques pour découvrir des êtres humains. Houdini admirait profondément Kellar ; leur relation était empreinte de chaleur et d’une affection sincère. Houdini le considérait presque comme un oncle ou une figure paternelle. Ces échanges personnels ont transformé ma perception de ces deux hommes.

Harry Houdini et Harry Kellar entourant l’automate Psycho
L’automate Psycho de Harry Kellar appartenant à la collection John Gaughan (Photo : Bobby Borgia)

Les recherches approfondies de Mike Caveney sur Kellar ont également eu un impact majeur sur moi. Son travail a influencé non seulement le documentaire, mais aussi certains aspects de la conception du club. Jim Steinmeyer a partagé des anecdotes et des détails merveilleux — certains m’ont fait éclater de rire, car ils révélaient la personnalité cachée derrière la légende. John Gaughan a apporté une autre dimension inestimable grâce à sa connaissance exceptionnelle des accessoires de magie historiques et de leur préservation. Ce qui m’a le plus touché, c’est de découvrir à quel point le parcours de Kellar avait été difficile. Son succès ne s’est pas construit du jour au lendemain. Sa carrière a été jalonnée de luttes, de réinventions, de voyages, d’échecs, de persévérance et d’une détermination sans faille.

Il a fini par devenir l’un des plus grands magiciens au monde, contribuant à élever cet art à un niveau jamais atteint auparavant. Aujourd’hui, que les magiciens en aient conscience ou non, nous continuons de nous appuyer sur son héritage. Voir le film récompensé par des Telly Awards d’or et d’argent, puis par un Emmy Award, a été extrêmement significatif pour moi, car mon intention première n’était pas simplement de remporter des prix. Il s’agissait avant tout de faire en sorte que l’on se souvienne de Harry Kellar.

Quels styles de magie vous attirent aujourd’hui, et quelles sont vos plus grandes influences en dehors de l’art magique ?

Il existe aujourd’hui des artistes extraordinaires, tant en Europe qu’aux États-Unis. Posséder le Kellar’s ​​m’a permis de faire venir des personnes remarquables à Erie. Garrett Thomas en est un excellent exemple. Il a une façon de penser unique. Sa philosophie de la magie, de la construction des numéros et de la relation entre un effet et le public me fascine. Nous avons accueilli des artistes tels qu’Ed Alonzo, Piff the Magic Dragon, Dan Sperry, Jeff Hobson et bien d’autres talents merveilleux. Après avoir vécu vingt-huit ans à Hollywood, à deux pas du Magic Castle, mon retour à Erie a créé un vide créatif. Mes amis me manquaient. Cette communauté me manquait. Alors j’ai construit, en quelque sorte, mon propre « petit château » et j’y ai invité tout le monde. Cette expérience m’a rempli d’une immense gratitude. Mais aujourd’hui, mes plus grandes influences proviennent de plus en plus de domaines extérieurs à la magie traditionnelle : le cinéma, le théâtre, la télévision, la musique, les beaux-arts, la technologie, l’architecture. Parfois, une simple image dans un film déclenche une idée. Parfois, c’est un morceau de musique. Parfois, c’est une technologie qui n’existait pas auparavant.

Josh Tivendale, Bobby Borgia et Johnny Richey à bord du « Carnival Mardi Gras », le tout nouveau méga paquebot de Carnival Cruise Line, en 2023, lors des répétitions et de la mise en place du spectacle M Theory (Photo : Bobby Borgia)
Brian Glow, Bobby Borgia et Craig Dickens à bord du « Carnival Mardi Gras », le tout nouveau méga paquebot de Carnival Cruise Line, en 2023, lors des répétitions et de la mise en place du spectacle M Theory (Photo : Bobby Borgia)

J’ai débuté comme artiste utilisant l’aérographe. J’ai travaillé comme artiste chez Universal Studios lorsque je vivais à Hollywood. J’ai illustré des livres de magie, créé des visuels pour le magazine Genii et des catalogues de magie, et inventé des effets commercialisés par la suite. Je ne dissocie plus ces disciplines ; ce sont toutes des outils de création. Je développe actuellement de nouvelles productions qui orientent la magie dans une direction différente. Pour y parvenir, je crois qu’il faut sortir des sentiers battus et se placer face à une toile vierge. Il faut trouver un calme créatif suffisant pour se poser la question : « Qu’est-ce qui pourrait exister ici et qui n’existe pas encore ? » Pour moi, la créativité comporte aussi une dimension spirituelle. L’intention compte. L’endroit où l’on porte son attention compte. La gratitude compte. Prince me fascinait, en partie parce que je percevais chez lui ce même lien entre la créativité et quelque chose de plus profond. C’est cet espace que je souhaite explorer aujourd’hui : se projeter dans l’avenir plutôt que de répéter le passé. Et je suis enthousiaste à l’idée de partager un jour ce travail avec le monde entier.

Quel conseil donneriez-vous à un(e) jeune magicien(ne) désireux(se) de bâtir une carrière sérieuse ?

Produisez-vous sur scène. Montez sur scène. Jouez partout où vous le pouvez. Rien ne remplace le fait de se produire devant de vrais êtres humains. Vous devez apprendre à créer un lien avec le public, car, en fin de compte, vous ne vendez pas un simple tour ; vous créez un sentiment d’émerveillement. Étudiez également l’histoire de la discipline. Cherchez à savoir d’où viennent les tours que vous présentez. Apprenez qui les a inventés et renseignez-vous sur les magiciens qui les ont exécutés avant vous. Remontez bien plus loin que YouTube. Lorsque vous comprenez la généalogie d’un tour, vous développez une appréciation totalement différente de cet art. La technique compte. L’entraînement compte. Mais comprendre « pourquoi » vous faites les choses compte tout autant.

Quel regard portez-vous sur l’état actuel de la magie ? Comment aimeriez-vous voir cet art évoluer ?

L’une de mes préoccupations est qu’il est devenu incroyablement facile d’acheter un tour de magie, d’en apprendre le mécanisme de base et de le présenter immédiatement au public. Résultat : on voit parfois de nombreuses personnes exécuter exactement les mêmes tours, presque exactement de la même manière. Il n’y a rien de mal en soi à présenter des tours disponibles dans le commerce ; nous l’avons tous fait. Mais si vous souhaitez aborder la magie en tant qu’artiste, vous devez finir par vous placer là où il n’y a rien — et créer. Comme la musique, le cinéma ou toute autre industrie créative, la magie est confrontée aux questions d’imitation et d’originalité. Les voix véritablement originales se distinguent immédiatement. Peter Samelson est un magnifique exemple de magicien théâtral. Son travail possède de la profondeur, du caractère et un point de vue affirmé. Ed Alonzo possède une identité inimitable.

Photos et images publicitaires de Bobby Borgia (Montage et Photo : Bobby Borgia)

Votre personnalité et votre présentation peuvent devenir plus importantes que le tour lui-même. Tout est une question de présentation. Une illusion vieille d’un siècle peut sembler totalement inédite entre les mains de quelqu’un qui porte un regard original sur les choses. David Copperfield l’avait parfaitement compris. David Blaine en est un autre exemple fascinant. Il n’a pas nécessairement réinventé toutes les techniques de la magie mais il a changé notre façon de la percevoir. L’une de ses grandes innovations télévisuelles a consisté à braquer la caméra sur les spectateurs pour nous faire vivre leurs réactions. Soudain, la télévision ne se contentait plus de filmer le magicien : elle capturait l’émerveillement. Ce changement a profondément transformé la magie à la télévision. Je lui tire mon chapeau pour cela. L’avenir de la magie ne réside pas simplement dans l’invention de nouveaux tours, mais dans la création de nouvelles façons de vivre l’expérience magique pour le public. Derren Brown est absolument incroyable en matière de présentation !

Quelle est l’importance de la culture lorsqu’on crée et présente des numéros de magie à l’international ?

La culture influence tout. Toutefois, après avoir voyagé et m’être produit aux quatre coins du monde, une chose apparaît clairement : la magie en elle-même est universelle. Il n’est pas nécessaire de parler une langue particulière pour susciter l’émerveillement. Prenons l’exemple de Harry Potter : quelles que soient les langues, les pays, les religions ou les cultures, l’idée fondamentale de la magie trouve un écho partout, car l’émerveillement est une expérience humaine universelle. Mes années de voyage en Asie m’ont sans doute marqué bien plus que je ne le réalise consciemment. J’ai été frappé par le respect, la politesse, la discipline, la technologie et le rythme de vie qui y règnent. L’Europe, elle, a une influence différente ; chaque pays possède son propre rythme. Le voyage nous apprend à être attentifs. On découvre qu’un public japonais peut réagir différemment d’un public américain, italien ou originaire d’une autre partie du monde. Cela ne signifie pas qu’une réaction vaut mieux qu’une autre ; cela implique simplement qu’il faut être à l’écoute de la culture au sein de laquelle on évolue. J’entretiens également un lien fort avec l’Italie grâce à mes origines familiales, et j’aimerais beaucoup y vivre à nouveau plus longtemps. Les voyages m’ont appris que si la magie est universelle, la manière dont les gens expriment leur émerveillement varie magnifiquement d’un endroit à l’autre.

Après une vie si intimement liée à la magie, qu’aimez-vous faire en dehors de la scène ?

Je ne suis pas sûr de m’éloigner vraiment de la magie. Elle a tendance à m’accompagner dans tout ce que je fais. Mais la nature est incroyablement importante pour moi. J’adore le VTT et passer du temps en plein air. Être dans la nature me permet de me vider l’esprit et de me reconnecter à quelque chose de bien plus vaste que le monde du spectacle. J’aime lire. La philosophie et la spiritualité me passionnent et je possède probablement plus de livres sur ces sujets que sur la magie. J’aime aussi peindre à l’aérographe. J’ai pratiqué cette technique pendant des années, notamment lorsque je vivais à Hollywood ; c’est une activité très méditative où il faut ralentir le rythme. On part de rien, puis, peu à peu, une image commence à apparaître. On construit les ombres, la lumière, les formes et les détails, jusqu’à ce que ce qui n’existait que dans notre imagination devienne visible. Si l’on y réfléchit bien, c’est exactement ce que je fais depuis toujours : créer quelque chose à partir de rien. Et c’est peut-être bien là tout le sens que la magie a toujours eu pour moi.

À visiter :

  • Le site de Bobby Borgia
  • Bobby Borgia Creative director
  • Kellar’s modern magic & comedy club

À voir :

  • Harry Kellar: The Greatest American Magician
  • Inside the Magic Castle 
  • Houdini seance room at the Magic Castle
  • Disney clips interactive trick  
  • Henry Rollins levition music video
  • Magic Consultant for Flick
  • Mystery Segment of M Theory
  • M Theory Final
  • Lights…Camera…Magic ! Promotion 2014
  • Creating Magic for Film, Television & Stage
  • TEDx Talk (AWE)

Interview réalisée en septembre 2026. Crédits photos – Documents – Copyrights avec autorisation : © Bobby Borgia collection et archives / Frantz Harary / Mike Kubasik / Carnival Cruise Line / Gangbuster Films Inc. NBC / S. Bazou collection. Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants droit, et dans ce cas seraient retirés.

Partagez cet l'article

Classé sous :PAROLES DE MAGICIEN.NE.S

Dans la même catégorie

  • TA NA MANGATA NA MANGA
    Comment êtes-vous entrés dans la magie ? À ...
  • FACTORIELLE 52FACTORIELLE 52
    Quand, comment et pourquoi avez-vous créé Factorielle 52, ...
  • Sylvie la fée / La Fée FédilleSylvie la fée / La Fée Fédille
    Comment êtes-vous entrée dans la magie ? À ...
  • Romain DEWASMERomain DEWASME
    Comment êtes-vous entré dans la magie ? À quand ...
  • Fred SHARPFred SHARP
    Comment êtes-vous entré dans la magie ? À quand ...
[ Plus d'articles ...]

MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

Informations rassemblées et coordonnées à l’initiative et pour le compte de l’Association Artefake.
Ce document est déposé auprès d’une Autorité d’Horodatage Qualifiée – Certifiée ETSI & RGS

Dans le cas où malgré notre vigilance, une de nos publications porte atteinte aux droits d’auteur, merci de nous l’indiquer. Dans le cas où cela s’avère exact, nous nous engageons sans délai à supprimer cette publication de notre site.

Artefake est une œuvre collective créée et publiée par l’Association ARTEFAKE.
Conformément à l’article L.113-1 du Code de la propriété intellectuelle, l’association Artefake est titulaire des droits d’exploitation du contenu du site Artefake.fr
La reproduction totale ou partielle des articles du site internet Artefake est strictement interdite, par tous moyens connus ou à découvrir, quel qu’en soit l’usage, sauf autorisation légale ou autorisation écrite de l’association Artefake.
L’utilisation de la marque déposée Artefake est soumise à autorisation.
Les liens hypertextes pointant soit vers la page d’accueil soit vers un article particulier sont autorisés.
L’autorisation de mise en place d’un lien est valable pour tous supports, à l’exception de ceux diffusant des informations pouvant porter atteinte à la sensibilité du plus grand nombre. Au titre de cette autorisation, nous nous réservons un droit d’opposition.
Toute personne nommée ou désignée dans le site Artefake dispose d’un droit de réponse conformément à l’article 6 IV de la loi LCEN.
Ce droit de réponse doit être adressé par courrier recommandé à ARTEFAKE – A l’attention du Directeur de Publication – 16 rue Henri Gérard – 21121 Fontaine-lès-Dijon.

Directeur de la publication : Sébastien BAZOU

Barre latérale principale

RUBRIQUES

  • ARTS ANNEXES (40)
  • BEAUX-ARTS (51)
  • BIBLIOMAGIE (112)
  • CINEMA (78)
  • CIRQUE (42)
  • COMMUNICATION (25)
  • DANSE (19)
  • HISTOIRE (75)
  • LES GRANDS ILLUSIONNISTES (127)
  • LITTERATURE (33)
  • MAGIE ET IA (2)
  • MAGIE NOUVELLE (47)
  • MARIONNETTES (54)
  • MUSIQUE (16)
  • OCCULTISME (39)
  • PAROLES DE MAGICIEN.NE.S (405)
  • PRESTIDIGITATION (268)
  • PSYCHOLOGIE (19)
  • THEATRE (74)
  • UN AUTRE REGARD (6)

THÉMATIQUES

Double (18) Escamoteurs (18) Fantômes (16) Houdini (6) Hypnose (18) Lanterne Magique (13) Las Vegas (32) Les Maîtres de l'âge d'or (29) Magic History Day (11) Magiciennes (88) Mentalisme (67) Médiums (22) Méliès (22) Robert-Houdin (16) Trompe-l’œil (20)

Lettre d’information

Partenaires

Footer

Confidentialité et cookies : ce site utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site Web, vous acceptez leur utilisation.

Pour en savoir plus, notamment sur la façon de contrôler les cookies, consultez : Politique relative aux cookies

Association ARTEFAKE

16 Rue Henri Gérard,
21121 Fontaine-Les-Dijon
Siret : 507726826
APE : 9003A
Numéro de déclaration à la CNIL : 1167832
ISSN 2276-3341

Artefake c’est des milliers d’articles dont :

1,384 Articles en consultation libre et gratuite.
146 Articles privés réservés aux membres.
73 Articles en attente de publication.

Mis à jour le : 5 octobre 2026 @ 7 h 22 min


Retouvez Artefake sur vos réseaux sociaux
  • LE PROJET
  • ARTEFAKTORY
  • CONTACT
  • BOUTIQUE
  • RUBRIQUES
    ▼
    • ARTS ANNEXES
    • BEAUX-ARTS
    • BIBLIOMAGIE
    • CINEMA
    • CIRQUE
    • COMMUNICATION
    • DANSE
    • HISTOIRE
    • LES GRANDS ILLUSIONNISTES
    • LITTERATURE
    • MAGIE NOUVELLE
    • MARIONNETTES
    • MUSIQUE
    • OCCULTISME
    • PAROLES DE MAGICIEN.NE.S
    • PRESTIDIGITATION
    • PSYCHOLOGIE
    • THEATRE
    • UN AUTRE REGARD