Comment êtes-vous entré dans la magie ? À quand remonte votre premier déclic ?
Mon père, Nuno Lacerda, était officier dans l’armée portugaise, mais la magie était pour lui une passion. Il est décédé quand j’avais sept ans et, à cette époque, je n’ai gardé que de vagues souvenirs de lui et de la magie. Ma mère avait conservé tous ses livres et accessoires de magie à la maison et un jour, vers l’âge de treize ans, j’ai « découvert » tout ce matériel et je me suis immédiatement passionné pour l’art magique.

Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris ?
Ma mère a maintenu le contact avec les amis magiciens de mon père et m’a mis en relation avec Saiur, l’un des illusionnistes les plus réputés du Portugal à cette époque, qui est devenu mon premier maître. Grâce à tout le matériel disponible à la maison, je dois dire que j’ai été un magicien privilégié à mes débuts.
Quels sont vos domaines de compétence ? Dans quelles conditions travaillez-vous ? Parlez-nous de vos créations, spectacles et numéros
Sous l’influence d’Arturo de Ascanio, je me suis intéressé à la magie des cartes et c’est devenu ma spécialité.
Parlez-nous de votre engagement dans l’Associação Portuguesa de Ilusionismo (API)
J’étais parmi les vingt fondateurs de l’association, j’avais alors seize ans. Aujourd’hui, l’API est l’association nationale qui compte le plus grand nombre de membres et elle est affiliée à la FISM.


Vous avez été un des organiseurs de la FISM 2000 à Lisbonne. Comment avez-vous préparé cet événement mondial ? Avec quelle équipe ?
Après l’approbation de l’organisation de la FISM 2000, votée trois ans auparavant à Dresde, un groupe de membres de l’API a entrepris les préparatifs du congrès. Trois personnes ont été chargées de concrétiser cet événement mondial : j’étais responsable du secteur commercial, Luis de Matos du secteur artistique et Fernando Marques Vidal est devenu président de la FISM.
Pouvez-vous nous parler de votre rôle de juge dans les festivals de magie ?
J’ai fait partie du jury des principaux concours de magie organisés au Portugal. Je suis convaincu que ces concours jouent un rôle majeur dans le développement de la magie, l’innovation étant un élément clé de son progrès.
Parlez-nous de votre livre The Finest Magic of Pedro Lacerda en hommage à Arturo de Ascanio. Comment est né ce projet et pourquoi ?
Au fil du temps, j’ai disséminé ma magie à travers des articles, des notes de cours… J’ai eu le privilège de me rapprocher de Francisco Mousinho, l’un des jeunes magiciens les plus talentueux du Portugal. Sachant que mes écrits étaient éparpillés, Francisco a entrepris d’écrire « mon livre », où, outre des informations sur mon parcours magique, il a rassemblé la quasi-totalité de mon répertoire et de mes techniques. Par ailleurs, à cette époque, cela faisait vingt-cinq ans qu’ Ascanio était décédé. Sachant qu’Arturo m’avait cité comme l’un de ses fils spirituels (Ascanio a été d’une grande générosité envers moi !), aux côtés de Roberto Giobbi, Aurelio Paviato, Joaquin Navajas et Carlos Vaquera, Francisco a jugé que le moment était venu d’écrire ce livre, un hommage à mon maître.


Vous êtes l’auteur d’autres livres, articles et conférences sur la magie. Pouvez-vous nous en parler ?
Comme indiqué précédemment, j’ai écrit plusieurs articles et notes de cours qui ont étayé mes nombreuses conférences données au fil du temps, notamment lors de l’ « Euro tour » organisé par mon ami Jean-Yves Prost, du voyage en Amérique du Sud, au Japon (oui, j’ai des notes de cours en japonais !) et plus tard au Magic Castle.
Quelles sont les prestations de magiciens ou d’artistes qui vous ont marqué ?
Ascanio bien sûr, mais aussi plusieurs magiciens de la « Spanish Magic School », comme Tamariz, Camilo Vasquez, Antonio Ferragut, Toni Cachadiña ou, hors d’Espagne, Roberto Giobbi et Tommy Wonder.


Quels sont les styles de magie qui vous attirent ?
J’aime toute forme de magie, qu’il s’agisse de grandes illusions, de manipulation ou de mentalisme ; dès lors qu’il y a de la qualité, je suis un grand fan !
Quels conseils et quels chemins recommander à un(e) magicien(ne) débutant(e) ?
Dans un premier temps, apprenez et assimilez un maximum d’informations. Ensuite, vous entamerez une phase de purification, où vous rejetterez ce qui ne vous convient pas et adopterez la magie et les techniques qui vous ont mis en confiance et à l’aise. Ce processus vous permettra d’atteindre une magie plus aboutie. En maîtrisant la présentation et en parvenant à une performance technique naturelle, vous serez en passe de créer ce qu’ Ascanio appelle « l’atmosphère magique », c’est-à-dire que votre magie frôlera les frontières de l’art.
Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?
Aujourd’hui, de nombreux illusionnistes talentueux émergent dans différents pays et régions du monde. Je suis convaincu que la magie nous promet un avenir radieux.

Quelle est l´importance de la culture dans l´approche de la magie ?
Il est clair que plus vous enrichirez votre culture générale et développerez d’autres centres d’intérêt, en plus de la magie, pour votre développement personnel, mieux vous serez à même de devenir un meilleur magicien. Ceci est, bien sûr, valable pour tous les arts.
Vos hobbies en dehors de la magie ?
Eh bien, la magie est mon hobby. J’aime aussi voyager.
Interview réalisée en avril 2026. Crédits photos – Documents – Copyrights avec autorisation : Pedro Lacerda. Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants droit, et dans ce cas seraient retirés.