• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
  • Passer au pied de page

Artefake

L' Art de l'illusion

  • Le projet
  • Artefaktory
  • Boutique
  • Contact

Compagnie Sans Gravité

Rémi LASVÈNES

Sébastien Bazou

Présentez-nous votre compagnie

J’ai fondé la compagnie Sans Gravité à Toulouse en 2010. Son nom dit déjà beaucoup : il renvoie à la fois à la gravité terrestre — cet invisible que les arts du geste et de l’illusion s’amusent à contrarier — et à une certaine idée de légèreté face au « sérieux préoccupant » de notre époque. On situe souvent notre travail à la croisée du cirque et de la magie. Mais ce qui nous anime vraiment, c’est la rencontre entre les disciplines : magie, jonglage, clown, musique, danse, manipulation d’objets… Ce mélange de langages artistiques est notre matière première. Ce n’est pas une technique qui guide nos créations, c’est un imaginaire. Avec légèreté et créativité, nous aimons croire qu’il est possible de mettre nos vies en suspension — le temps d’un spectacle — pour s’interroger sur notre rapport au réel. La magie, chez nous, n’est pas qu’un procédé : c’est un langage. L’humour en est la porte d’entrée. Et derrière, c’est bien le caractère illusoire et absurde du monde que nous cherchons à dévoiler. Mais pour faire simple, ce que nous cherchons, c’est semer des étoiles dans les yeux des spectateurs. Faire rêver, s’évader, le temps d’une représentation… Aujourd’hui, nous sommes une vingtaine — artistes, techniciens, équipe administrative. Je travaille avec deux artistes associés : Jérémy Philippeau, comédien et jongleur, et Nicolas Rey, magicien et comédien. Notre directrice de production, Virginie Richard, veille au bon fonctionnement de l’ensemble. Car nous pensons que la réussite est collective, pas individuelle.

Rémi Lasvènes en 2025 (Photo : Virginie Richard)

Sur quelles thématiques travaillez-vous ?

Ce qui traverse l’ensemble de notre travail, c’est une réflexion sur la légèreté — dans toutes ses dimensions. Le nom de la compagnie porte déjà ce double sens en lui : d’un côté, ce qui échappe à la pesanteur, ce qui flotte, lévite, s’envole ; de l’autre, un questionnement sur ce qui est grave, ou ne l’est pas, dans notre existence. Cette ambivalence entre poésie et inquiétude nous accompagne depuis le début. Mais derrière la légèreté, il y a toujours un fond. Nos spectacles posent des questions assez simples, presque enfantines, qui révèlent en réalité quelque chose de plus profond : comment continue-t-on à vivre dans un monde qui s’emballe ? Qu’est-ce qu’on cherche vraiment quand on cherche le bonheur ? À quoi sert encore le mystère dans une société qui veut tout expliquer ? Face à la lourdeur du monde, nous proposons de la légèreté — au sens propre comme au figuré. Et c’est peut-être là notre engagement le plus sincère.

Parlez-nous de vos spectacles

Nos créations forment un ensemble cohérent, même si elles s’adressent à des publics différents et empruntent des formes variées.

Rémi Lasvènes dans Apesanteur en 2017 (Photos : Laurent Bugnet)

Apesanteur est mon numéro cabaret de 8 minutes, le point de départ de toute l’aventure. J’y manipule des balles dont la gravité semble perturbée : tantôt ralentie, tantôt normale, tantôt inversée. Un geste qui ouvre une brèche dans le réel et déconstruit les schémas classiques de la jonglerie. Je le tourne depuis 2010.

Rémi Lasvènes dans Déluge (Photo : Arthur Bramao)
Nicolas Rey dans Déluge (Photo : Virginie Richard)

Déluge est un solo tout public de 55 minutes, que j’ai créé en 2014 et interprété avant qu’il soit repris par Nicolas Rey en 2022. Un homme seul dans un refuge de fortune, accompagné d’une radio qui distille une actualité catastrophiquement burlesque, s’invente une vie à coup de balles et d’inventions jongleuses. Drôle, décalé, candide — ce personnage incarne à la fois ce qu’il y a de merveilleux et de profondément dérisoire dans notre capacité d’adaptation. Ce spectacle est aussi né d’une observation du monde contemporain : des crises, des événements parfois tellement massifs qu’ils deviennent presque irréels. Et face à cela, la magie crée une résonance particulière : elle nous place elle aussi devant quelque chose qui questionne directement la réalité. C’est cette zone de frottement qui nous intéresse, et dans laquelle la discipline magique prend tout son sens. Nous avons arrêté son exploitation en mars 2026 après plus de 300 représentations en France et à l’étranger, dont plusieurs diffusions télévisées, sur Arte notamment.

Jérémy Philippeau dans Prélude (Photo : C. Trouilhet -Photolosa)

Prélude pour un Poisson Rouge est un spectacle jeune public dès 4 ans, de 45 minutes, créé et interprété par Jérémy Philippeau. Une « épomélopée » — l’épopée d’un homme à la recherche de son poisson rouge et la mélopée d’un bateau-violoncelle. Le poisson rouge devient une métaphore du bonheur : le personnage le cherche sans relâche, avant de comprendre que ce qu’il poursuit est peut-être ailleurs — et que le bonheur n’est pas dans ce que l’on cherche, mais dans ce que l’on est. Plus de 230 représentations depuis 2018.

Jérémy Philippeau dans Brouillon (Photo : Agathe Bernier)

Brouillon est un conte théâtralisé jeune public dès 6 ans, également signé Jérémy Philippeau, mêlant « magie nouvelle » et marionnettes. Il invite à repenser la notion d’erreur : et si l’essentiel était d’essayer, avant même de réussir ? Un spectacle tendre et farfelu, enrichi d’humour et de poésie. Déjà plus de 50 représentations depuis 2023.

Lâcher de Magicien·nes (Photo : Virginie Richard)
Lâcher de Magicien·nes (Photo : C. Trouilhet -Photolosa)

Le Lâcher de Magicien·nes est une déambulation de magie de proximité tout public. On part d’un diagnostic : notre monde perd de sa poésie à force de tout vouloir rationaliser. La sirène retentit. Des magiciens débarquent alors — coiffés de lampadaires scintillants — pour réintroduire du mystère et de l’émerveillement dans l’espace public. Car pour rester humain, dans une société qui cherche à tout expliquer et tout rationaliser, il faut aussi accepter de ne pas tout comprendre, de rêver, de lâcher prise.

Enfin, nous travaillons actuellement sur une nouvelle création qui verra le jour en 2027, SurVIE. Il s’agit d’un duo entre un comédien-jongleur et une couverture de survie. L’objet y est abordé pour ce qu’il raconte — un ultime moyen de tenir dans un monde en déperdition. La question centrale : comment continue-t-on à vivre quand tout s’écroule ?

Comment intervient la magie dans votre travail ?

Je viens du monde du cirque. Mon approche a toujours été liée à la polyvalence des disciplines — le corps, la manipulation d’objets, le rythme, le jeu d’acteur. La magie est entrée dans mon travail de manière intuitive. En 2009, au sortir du Lido (Centre des Arts du Cirque de Toulouse), j’ai créé Apesanteur, né de mes recherches sur les balles à gravité variable : jouer avec une gravité normale, allégée ou inversée pour donner l’illusion de lévitation. C’était une exploration presque instinctive, sans que je me revendique encore vraiment magicien. Puis, à partir de 2011, j’ai suivi la formation de « magie nouvelle » du CNAC, orchestrée par Raphaël Navarro de la compagnie 14:20. Elle a été déterminante : elle m’a permis de comprendre dans quoi mon travail s’inscrit réellement, et d’affiner mon écriture. C’est ce travail de fond qui a progressivement ouvert Apesanteur aux grandes scènes de magie — le congrès de la FFAP, la convention de Blackpool, le Magic Castle de Los Angeles, le Festival Abracadabra à Rome.

Nos spectacles s’inscrivent dans la mouvance de la « magie nouvelle », en ce sens qu’ils superposent une dimension performative à une intention narrative et sensible. La performance technique — en magie, en jonglerie, en manipulation — n’est pas une finalité en soi, mais un support au service d’un propos et d’une expérience. Il s’agit de faire émerger un discours de manière sensible, par le corps, le rythme et la relation à l’objet. L’objet central de nos pièces est choisi pour ce qu’il évoque, ce qu’il symbolise, ce qu’il projette dans l’imaginaire collectif. Une balle dont la gravité vacille, une couverture de survie, un poisson rouge : chaque objet ouvre un espace de réflexion ancré dans nos questionnements contemporains — la fragilité, l’adaptation, la survie.

Ce qui nous importe, c’est d’activer une palette émotionnelle large et contrastée : émerveillement, tension, doute, humour, pourquoi pas parfois une forme de malaise ou de mélancolie. Au-delà du « wouaw » que l’on cherche chez le spectateur, nous l’invitons également à traverser une expérience où les registres émotionnels se croisent et se répondent.

Quelles sont vos influences artistiques ?

Mes premières influences viennent du cinéma muet — Chaplin, Keaton. J’ai grandi avec eux. Enfant, je riais. Plus tard, j’ai compris ce qu’ils racontaient vraiment : derrière le burlesque et la légèreté, il y avait une profondeur réelle, parfois même une forme de gravité. Cette idée m’accompagne encore aujourd’hui : raconter quelque chose de fort à travers une forme simple, accessible, presque modeste. Dans nos spectacles, on retrouve souvent cette volonté : proposer des formes très abordables, familiales, accessibles, tout en laissant apparaître un second niveau de lecture, qu’il soit social, écologique ou poétique.

Rémi Lasvènes dans Apesanteur en 2024 (Photo : Seb Jawo)

J’ai également grandi avec les arts du cirque et du clown. J’ai commencé à m’y intéresser vers l’âge de 11 ans. J’ai été nourri par une grande quantité de VHS que je regardais en boucle : des spectacles aujourd’hui devenus cultes, comme La Piste des clowns, avec des artistes comme George Karl, Joe Jackson, les frères Rastelli. C’était un univers que j’adorai parce que ça me faisait rire. Ensuite je me suis mis à analyser pourquoi une scène me faisait rire plus qu’une autre. Le rythme des gags ou des effets, surtout. Les films d’animation pour enfant sont pour ça d’un grand enseignement ! J’aime particulièrement observer les enfants dans le public. Les entendre rire à gorge déployée pour des choses simples, presque absurdes, me touche profondément. Et il y a quelque chose de très beau dans le fait que leur rire libère les adultes — le spectateur se laisse alors aller plus facilement dans l’univers proposé.

Plus tard, à l’adolescence, j’ai énormément fréquenté les spectacles de cirque et de rue. J’ai passé de nombreux étés à voir des formes très différentes, en salle comme en extérieur. Cette immersion constante a forcément nourri ma manière de penser la scène et la création. Le paradoxe, c’est que lorsque je me suis mis à la magie, j’ai compris que je ne pourrais pas, pour des raisons techniques, proposer mes spectacles dans la rue. Pourtant, mon regard reste profondément influencé par tout ce que j’y ai vu.

En magie, mes influences principales sont des artistes comme Yann Frisch, Étienne Saglio, Kurt Demey, Blizzard Concept, Arthur Chavaudret… J’admire profondément leur écriture : elle est précise, intelligente, très construite, tout en restant extrêmement puissante sur le plan émotionnel. Pour moi, leur travail est incontournable. J’admire également les créations de la compagnie 14:20, car elles s’ancrent dans une dramaturgie de précision tout en proposant des concepts magiques époustouflants. J’interviens également régulièrement dans le cadre de leur Soirées Magiques. C’est très inspirant de côtoyer tous les copains du milieu magique…

Quel regard portez-vous sur la magie actuelle ?

Je trouve que la magie actuelle traverse une période très riche. La diversité des formes et des démarches est réelle : magie classique, close-up, « magie nouvelle », formes hybrides — il y a de la place pour des approches très différentes, et c’est une chance. Ce que j’aime dans la magie classique, c’est la qualité de la technique et la créativité des méthodes. Je suis toujours fasciné comme un enfant lorsque je regarde les numéros de mes collègues depuis les coulisses, par la dextérité et l’ingéniosité des trucages. Dans la « magie nouvelle », c’est la recherche de sens et la construction d’univers qui me touche, car il en découle de facto une grande singularité et originalité.

Rémi Lasvènes dans Déluge (Photo : Arthur Bramao)

Je pense que l’on pourrait développer encore davantage le jeu d’acteur et le travail théâtral dans la magie. Robert-Houdin disait : « un magicien est un acteur qui joue le rôle d’un magicien. » Un magicien est donc d’abord un acteur. Et pourtant, j’ai parfois l’impression que ce travail de jeu (la posture du corps, la silhouette du personnage, la voix, la présence, etc.) passe au deuxième plan. J’ai le même ressenti pour la mise en scène ou la dramaturgie, qui sont des métiers à part entière et qui ne me semblent pas secondaires dans nos métiers.

Pour finir, je dirai que ce qui m’enthousiasme aujourd’hui, c’est la diversité et la vitalité que l’on trouve dans les créations magiques actuelles. On sent qu’il reste encore énormément de choses à inventer et c’est très excitant ! Je suis ravi de faire ce métier, et j’espère le faire du mieux que je peux le plus longtemps possible…

Interview réalisée en juillet 2026. Crédits photos – Documents – Copyrights avec autorisation : Compagnie Sans Gravité / Virginie Richard / Laurent Bugnet / Seb Jawo / Agathe Bernier / C.Trouilhet-Photolosa / Arthur Bramao / Joëlle Le Gléau . Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants droit, et dans ce cas seraient retirés.

Partagez cet l'article

Classé sous :CIRQUE, MAGIE NOUVELLE

Dans la même catégorie

  • TA NA MANGATA NA MANGA
    Comment êtes-vous entrés dans la magie ? À ...
  • FauxFaire FauxVoir / Cie Le PhalèneFauxFaire FauxVoir / Cie Le Phalène
    Conception et coordination générale : Thierry Collet. Collaboration artistique : ...
  • HEKA (Tout n’est que faux-semblant) / Cie Gandini JugglingHEKA (Tout n’est que faux-semblant) / Cie Gandini Juggling
    Mise en scène : Sean Gandini et Kati Ylä-Hokkala. ...
  • TEMPOTEMPO
    Avec : Les Sapeurs-Pompiers de Paris (Acrobatie). Housch Ma ...
  • Vers les méta­morphoses / Étienne SaglioVers les méta­morphoses / Étienne Saglio
    Création : Étienne Saglio. Interprètes : Étienne Saglio, Antoine ...
[ Plus d'articles ...]

MENTIONS LEGALES :

ISSN attribué par la Bibliothèque nationale de France : ISSN 2276-3341

Informations rassemblées et coordonnées à l’initiative et pour le compte de l’Association Artefake.
Ce document est déposé auprès d’une Autorité d’Horodatage Qualifiée – Certifiée ETSI & RGS

Dans le cas où malgré notre vigilance, une de nos publications porte atteinte aux droits d’auteur, merci de nous l’indiquer. Dans le cas où cela s’avère exact, nous nous engageons sans délai à supprimer cette publication de notre site.

Artefake est une œuvre collective créée et publiée par l’Association ARTEFAKE.
Conformément à l’article L.113-1 du Code de la propriété intellectuelle, l’association Artefake est titulaire des droits d’exploitation du contenu du site Artefake.fr
La reproduction totale ou partielle des articles du site internet Artefake est strictement interdite, par tous moyens connus ou à découvrir, quel qu’en soit l’usage, sauf autorisation légale ou autorisation écrite de l’association Artefake.
L’utilisation de la marque déposée Artefake est soumise à autorisation.
Les liens hypertextes pointant soit vers la page d’accueil soit vers un article particulier sont autorisés.
L’autorisation de mise en place d’un lien est valable pour tous supports, à l’exception de ceux diffusant des informations pouvant porter atteinte à la sensibilité du plus grand nombre. Au titre de cette autorisation, nous nous réservons un droit d’opposition.
Toute personne nommée ou désignée dans le site Artefake dispose d’un droit de réponse conformément à l’article 6 IV de la loi LCEN.
Ce droit de réponse doit être adressé par courrier recommandé à ARTEFAKE – A l’attention du Directeur de Publication – 16 rue Henri Gérard – 21121 Fontaine-lès-Dijon.

Directeur de la publication : Sébastien BAZOU

Barre latérale principale

RUBRIQUES

  • ARTS ANNEXES (40)
  • BEAUX-ARTS (51)
  • BIBLIOMAGIE (111)
  • CINEMA (78)
  • CIRQUE (42)
  • COMMUNICATION (25)
  • DANSE (19)
  • HISTOIRE (74)
  • LES GRANDS ILLUSIONNISTES (127)
  • LITTERATURE (33)
  • MAGIE ET IA (2)
  • MAGIE NOUVELLE (47)
  • MARIONNETTES (54)
  • MUSIQUE (16)
  • OCCULTISME (39)
  • PAROLES DE MAGICIEN.NE.S (404)
  • PRESTIDIGITATION (268)
  • PSYCHOLOGIE (19)
  • THEATRE (74)
  • UN AUTRE REGARD (6)

THÉMATIQUES

Double (18) Escamoteurs (18) Fantômes (16) Houdini (6) Hypnose (18) Lanterne Magique (13) Las Vegas (32) Les Maîtres de l'âge d'or (29) Magic History Day (11) Magiciennes (88) Mentalisme (67) Médiums (22) Méliès (22) Robert-Houdin (16) Trompe-l’œil (20)

Lettre d’information

Partenaires

Footer

Confidentialité et cookies : ce site utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site Web, vous acceptez leur utilisation.

Pour en savoir plus, notamment sur la façon de contrôler les cookies, consultez : Politique relative aux cookies

Association ARTEFAKE

16 Rue Henri Gérard,
21121 Fontaine-Les-Dijon
Siret : 507726826
APE : 9003A
Numéro de déclaration à la CNIL : 1167832
ISSN 2276-3341

Artefake c’est des milliers d’articles dont :

1,382 Articles en consultation libre et gratuite.
146 Articles privés réservés aux membres.
72 Articles en attente de publication.

Mis à jour le : 29 septembre 2026 @ 10 h 14 min


Retouvez Artefake sur vos réseaux sociaux
  • LE PROJET
  • ARTEFAKTORY
  • CONTACT
  • BOUTIQUE
  • RUBRIQUES
    ▼
    • ARTS ANNEXES
    • BEAUX-ARTS
    • BIBLIOMAGIE
    • CINEMA
    • CIRQUE
    • COMMUNICATION
    • DANSE
    • HISTOIRE
    • LES GRANDS ILLUSIONNISTES
    • LITTERATURE
    • MAGIE NOUVELLE
    • MARIONNETTES
    • MUSIQUE
    • OCCULTISME
    • PAROLES DE MAGICIEN.NE.S
    • PRESTIDIGITATION
    • PSYCHOLOGIE
    • THEATRE
    • UN AUTRE REGARD