La 18ème édition du Festival International Vive la Magie marque un tournant : nouvelle direction, nouvelle impulsion, mais un esprit fidèle à l’ADN crée par Gérard et Monique Souchet.
Aurore Mourgues prend désormais la gestion du festival. La direction artistique est assurée par Artem Shchukin (en collaboration avec Monique Souchet). La mise en scène est cosignée par Artem Shchukin et François Normag. Le thème de cette édition — Destination Magie — annonce la couleur : le spectacle se vit comme un voyage ; avec des artistes qui se rencontrent et qui viennent du monde entier (Japon, Espagne, Corée du Sud, Angleterre, Russie et France).

François Normag ouvre la soirée en commandant de bord en accueillant les spectateurs. Il est accompagné (comme toujours) d’Aurore Mourgues et Maxime Pollier qui jouent les stewards. François Normag prend un avion en papier posé sur un guéridon, et celui-ci s’envole comme par magie dans les coulisses. Les artistes du spectacle arrivent sur scène. Chacun est présenté en voix off. Suite à cette présentation, Artem Shchukin lance le spectacle avec des manipulations de flammes dans ses mains qui semblent hypnotiques. La séquence s’achève avec l’apparition de Rebecca Foyle, installée sur une Chaise de Kolta. Les « consignes de sécurité » données par Aurore et Maxime glissent rapidement vers l’absurde magique : un ours géant extrait d’une valise minuscule, une veste qui se met à fumer…

Venue d’Angleterre, Rebecca Foyle vient présenter une chorégraphie magique avec une Canne volante toute en finesse. Un numéro fluide, rythmé, à la fois délicat et dynamique. Aurore et Maxime joue avec les codes de la restauration aérienne en présentant quelques petits rafraichissements magiques : burger qui apparaît dans un menu, boissons surgissant dans des bulles… Une respiration ludique, pensée comme un interlude.


Le coréen Jordan K se présente sur scène avec son caddie : production en série de paquets de chips, métamorphoses de boîtes de céréales… Une magie visuelle, directe, et très moderne. Javier Botia (Espagne), habillé en toréador, revisite le Chair test avec cinq spectateurs sur scène. La révélation finale, spectaculaire, s’affiche sur un grand drapeau à son effigie. Jordan K revient en devant de scène, avec un numéro étonnant composé d’un Oreo et d’un verre de lait. Il croque dans le biscuit, qui se reconstitue instantanément et grandit à vue d’œil, tandis que le verre de lait diminue de quantité.


Le japonais Den Den propose un numéro de manipulation de cartes d’une grande élégance, enrichie d’éléments en origami. Un véritable moment de pureté et de technique novatrice. François Normag implique l’ensemble du public dans un numéro collectif : téléphone en main avec le mode calculatrice ouvert. Les opérations s’enchaînent et aboutissent à une coïncidence troublante : la date et l’heure exactes du spectacle. Le britannique Taylor Morgan présente un numéro avec un ballon en lévitation. Le ballon s’envole laissant sa ficelle dans les mains du magicien, qu’il découpe en quatre morceaux, se séparant dans l’espace avant de se reconstituer et d’être rattachés au ballon. Ce numéro surprenant a été très remarqué lors des derniers championnats du monde FISM à Turin.




Le maître de la magie française Gaëtan Bloom vient livrer deux séquences emblématiques de son répertoire : la Bouteille de Coca-Cola qui disparait et la Carte retrouvée dans une salade. Son approche, toujours décalée, rappelle combien l’inventivité peut naître d’objets du quotidien. Le japonais Den-Den revient pour un second passage, en costume traditionnel pour une apparition d’ombrelles japonaises, visuellement saisissante, qui n’est pas sans rappeler Haruo Shimada. Deuxième passage également pour Javier Botia, dans un tout autre registre cette fois-ci. Il apparait avec une scie musicale, interprétant notamment Chantons sous la pluie ou Le Danube bleu, accompagné en danse par Aurore et Maxime. Aurore et Maxime présentent ensuite la grande illusion Op Art.

Taylor Morgan propose un numéro de jonglage avec un verre de whisky et un cerceau (routine reprise de Mike Caveney), et une grande illusion (Shadow box) avec Rebecca Foyle comme partenaire. Artem Shchukin vient clôturer la soirée avec son numéro de la valise, récompensé par un deuxième prix en « Magie comique » à la FISM 2025 et remarqué du grand public dans l’émission La France a un incroyable talent.

Avant le salut final, François Normag met en lumière les équipes techniques, d’accueil et de billetterie. Un geste simple, mais essentiel, qui rappelle que l’illusion est toujours un travail collectif. Avec Destination Magie, cette édition affirme une ligne claire : une programmation internationale, un fil narratif assumé, et une volonté de mêler théâtre, humour et virtuosité technique sans sacrifier l’exigence artistique.
À lire :
- L’édition du festival à Dijon
- La conférence d’Hector Mancha lors de la première édition du festival à Semur-en-Auxois
- La deuxième édition du festival à Semur-en-Auxois
- La troisième édition du festival à Semur-en-Auxois
- La quatrième édition du festival à Semur-en-Auxois
- La cinquième édition du festival à Semur-en-Auxois
- Scala Magica 2023
- Golden Magic 2024
- Espaces Magiques 2025
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