Cecil Lyle est né à Londres en septembre 1889 et devient magicien à plein temps en 1912. Date à laquelle il présente une de ses premières créations The Flying Gramophone (Le gramophone qui disparaît). La même année, il devient membre du Magic Circle1 et se fait connaître en travaillant dans les music-halls et les circuits de variété anglais sous le nom de The Magic Milliner (Le Chapelier Magicien) car son numéro signature est la création de chapeaux pour dames avec des papiers déchirés de différentes couleurs. Lyle acquière vite une grande renommée et est engagé en 1914 au St. George’s Hall dans le programme de Maskelyne & Devant, avec son numéro Magical Millinery (qui présente trois routines : Paper Hat Tear, Women From Hatboxes et The Flying Gramophone).


Lyle se produit essentiellement en Angleterre, et dans les îles britanniques. Il effectue aussi plusieurs tournées mondiales en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Afrique du Sud (1949-1950), en Inde (1951-1952). Son épouse Lucille Lafarge (Marguerite Ingram Lyle, c.1903-1982), mannequin professionnel, est également son assistante dans certaines de ses grandes illusions qui prolongent l’ère des grands spectacles itinérants avec la création de revues comme Cavalcade of Mystery (en 1940) puis Mystery Box Revue jusqu’en 1953. Cecil Lyle est l’un des derniers représentants de l’âge d’or de la magie scénique. Il meurt en 1955 alors qu’il prépare sa prochaine tournée.
Son répertoire
Cecil Lyle est un excellent manipulateur comme il le démontre dans ses représentations avec les boules de billiard, ou la production de pipes. Il est l’inventeur d’un grand nombre d’effets magiques : Chocolate Box, Card, and Cigarettes (1911), Flying Golf Club (1912), The Flying Gramophone (1912), Giant Slates (1913), Large Chocolate Box Illusion (1913), Golden Horseshoe (1915), Tennis Ball Production (1915), Golden Locket (1919), Rose Basket (1919), Vanity Bag (1920), Paper Hat Trick (1920), Squaring The Circle (un cercle métallique transformé en carré)…


En 1939, à la mort d’Horace Goldin survenue à Londres, il achète l’ensemble de son répertoire et prend le nom de The Great Lyle. Il créé alors un spectacle, joué deux fois par soir, dans la tradition et en hommage aux magiciens de sa jeunesse. Lyle est fière de présenter les illusions des grands maîtres qui l’ont précédé comme La femme sciée en deux et L’homme qui traverse les vitres d’Horace Goldin, Trouvez la dame de R.W. Amac (une version scénique du bonneteau utilisant des cartes géantes et une vraie femme), Le rêve de l’artiste et l’Illusion du soldat en chocolat de David Devant ou La pendule de cristal d’Arnold de Biere (où une aiguille d’horloge s’arrête mystérieusement à une heure précise qu’un spectateur a choisie en pensée). Lyle exécute également The Mandarin’s Pagoda, un numéro oriental où il est grimé en asiatique comme son ami Chung Ling Soo (qui utilise une de ses inventions : The China Tea Illusion). D’ailleurs, Lyle est présent lors de son accident mortel survenu sur scène en 1918.
Note :
1 En 1989, le Magic Circle créé un prix spécial en l’honneur de Cecil Lyle, « The Cecil Lyle Award », décerné à l’auteur du meilleur tour publié dans The Magic Circular, le magazine mensuel de la société.
À lire :
- The Great Lyle par Edwin Dawes (Mike Caveney’s Magic Words, 2005)
Cet article a été publié pour la première fois dans le MAGICUS magazine hors-série n°245 (novembre 2024). Crédits photos – Documents – Copyrights : Collection S. Bazou et Musée McCord Stewart. Tous les documents et archives sont proposés sauf avis contraire des ayants droit, et dans ce cas seraient retirés.